2 1 Epidémiologie
Chez le chien, la rupture du tendon calcanéen commun est la deuxième affection tendineuse la plus fréquente après la rupture du tendon proximal du biceps. Cette rupture peut être complète, c’est-à-dire que tous les tendons qui le composent sont rompus, ou bien partielle, où seul un des tendons est atteint. La rupture complète est la plus courante et survient suite à un traumatisme. La rupture partielle est, quant à elle, souvent secondaire à une mobilisation excessive du tendon (traumatismes répétés comme des sauts par exemple) et atteint majoritairement le tendon du muscle gastrocnémien (Corr et al., 2010). En effet, la résistance à la tension de la portion distale du tendon gastrocnémien est 35% inférieur à celle de la portion distale du tendon fléchisseur superficiel (Jopp et Reese, 2009). Les grandes races, notamment le Labrador et le Doberman, sont des races fréquemment rencontrées dans ce type d’affection (Nielsen et Pluhar, 2006).
Chez le chat, cette affection est aussi souvent traumatique qu’atraumatique. Il existe une surreprésentation des femelles avec un ratio 6:1 et les chats sortants dans le milieu extérieur sont autant exposés que les chats d’intérieur (Cervi et al., 2010).
L’avulsion du tendon du muscle gastrocnémien peut également être secondaire à une affection tendineuse dans le cadre de traumatismes répétés (sauts par exemple).
2 2 Signes cliniques
Cliniquement, le patient présente une boiterie de degré 5, c’est-à-dire sans appui permanente, ainsi qu’une plantigradie (flexion du tarse) concomitante à une extension du grasset. Une blessure en regard du tendon calcanéen est souvent mise en évidence en cas de rupture traumatique.

Figure 2 : schématisation en coupe transversale des différents composants du tendon calcanéen commun. 1 : tendon gastrocnémien, 2 : tendon fléchisseur superficiel, 3 : tendon accessoire.
En cas de rupture partielle avec un tendon fléchisseur superficiel des doigts intact, celui-ci est maintenu en tension sur le tuber calcanei par l’hyperflexion du tarse. On observe alors une hyperflexion des doigts associée à la plantigradie.
2 3 Examens complémentaires
Bien que le diagnostic soit majoritairement clinique, il est possible de réaliser des examens complémentaires afin d’affiner le bilan lésionnel.
L’échographie peut être utile afin d’identifier le site et la nature de la rupture (Rivers et al., 1997).
Il convient également d’écarter les autres causes de plantigradie (diabète sucrée, maladie de Cushing, hyperlaxité tendineuse et ligamentaire, neuropathie à axone géant).
Dans le but de localiser plus précisément la rupture et de planifier rigoureusement la chirurgie, une radiographie peut être réalisée. Dans la majorité des cas, la rupture a lieu à l’insertion osseuse du tendon sur le tuber calcanei (60 %) : il est alors possible de visualiser radiographiquement un about osseux se détachant du tuber calcanei. La rupture peut également avoir lieu à la jonction musculo-tendineuse dans 20% et pour 13% dans le corps du tendon (Corr et al., 2010).